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Il ne reste plus grand chose de cette immense bâtisse à l'architecture tourmentée construite en 1904 par le poète dramaturge Saint Pol Roux.
Ce dernier, né Paul-Pierre Roux à Marseille le 15 janvier 1861 s'installera en Bretagne après avoir vécu une partie de sa vie à Paris où il ne se sentira pas "à l'aise" dans le monde littéraire parisien de l'époque. Il choisit pour exil la Bretagne, plus particulièrement le Finistère, à Camaret où il achète une petite maison de pêcheur surplombant la plage de Pen-Had à la Pointe de Pen Hir (presqu'île de Crozon) qu'il transforme en manoir qu'il baptise le Manoir de Boultous. C'est à la mort de son fils Coecilian en 1914 que le manoir prendra le nom qu'on lui connaît aujourd'hui.
Il y recevra de nombreux écrivains, notamment André Antoine, Victor Segalen, Max Jacob, André Breton, Louis-Ferdinand Céline, et même Jean Moulin (qui était à l'époque sous-préfet de Châteaulin).
Précurseur du mouvement "dit moderne", considéré comme un prédécesseur dans le mouvent surréaliste, sa vie ne le sera pas moins, jonchée d'évènements dramatiques.
En juin 1940, sa fidèle gouvernante et sa fille divine subissent les outrages d'un soldat allemand (ce dernier fût arrêté et condamné à mort).
Quelques temps plus tard, alors qu'il rentre de Brest où il s'occupait de sa fille, Saint-Pol Roux, trouve le manoir pillé, ses manuscrits (pour lesquels il n'avait pas pris la précaution de les mettre en lieu sûr), dispersés, déchirés, brûlés. Ce fût un grand choc pour celui que l'on surnommait le "Mage de Camaret". Il fut pris d'une crise violente d'urémie, et se trouve être transporté à Brest où il meurt de chagrin le 18 octobre de la même année.
En 1944, le manoir de Coecilian est bombardé par les avions alliés et incendié.