Pour la pêche au bar, rien de tel qu'un véritable appât, pas de ces trucs en caoutchouc huilés et tout mous qui ne ressemblent à rien.
Oh ma Mye (mais non pas toi Mamie !), il faut que je vous raconte cette magnifique épopée que fut le ramassage de la Mye donc, le couillou kezec. Je vous assure ce n'est pas un gros mot, même si en langage bretonnant cela veut dire "testicules de cheval" (vous voyez je reste polie). Il s'agit en fait de la Mye des sables (ou de vase, vous comprendrez pourquoi ensuite), savantement appelée Mya Arenaria.
Le meilleur moment, bien évidemment ce sont les grandes marées. En août dernier, un coefficient de 100 nous a donc encouragés à partir à la chasse au trésor. Le dimanche matin, donc, levés presqu'aux aurores, coup d'oeil sur le ciel (beurk, il pleut), température extérieure 15° environ, pas mal pour un mois de novembre (ah mince on est en été encore !). Sur les indications d'une de mes copines, nous nous rendons donc au Douvez, près de Guipavas, qui entre parenthèse offre un magnifique panorama sur la rade de Brest. Bon. Bien équipés, cirés et bottes bien évidemment, vu le temps. Nous sommes seuls sur la plage, les pieds dans l'eau. Normal il pleut des cordes dignes d'amarrer un paquebot ! Le Nounours est armé d'une fourche bêche, moi j'ai le seau.... on avance tranquillement... Plus nous nous dirigeons vers le large (enfin petit large), plus le sol fait de sable et de vase noire et puante se fait ramollo... et, et, et .. ce qui devait arriver arrive ! Je sens le sol se dérober et me voilà enfoncée jusqu'aux genoux devant un Nounours qui hésite entre un regard hilare et hébété ! Enfin il me sort de là. Indescriptibles la couleur de mes vêtements, mais aussi l'odeur que je laisse derrière mon passage. Il pleut toujours, ça va rincer. Cela ne nous arrêtera pas pour autant. Nous resterons environ deux heures à trouer la plage telles des sangliers à la recherche de truffes ! La méthode de pêche est simple : il suffit de bien scruter le sol. Les myes s'enfoncent dans le sable ou la vase en laissant sur leur passage un petit trou par lequel s'échappe un jet d'eau tel un petit geyser. A ce moment là, on se précipite et en un coup de bêche on soulève l'endroit... Il faut toutefois un sérieux coup dans le poignet car ces petites bestioles arrivent à s'enfoncer à plus de 30 cms sous terre !!!! m'attrapera, m'attrapera pas. Et bien nous avons terminé cette épopée avec une trentaine de pièces. C'est suffisant pour assurer les prochaines pêches.
Pour rentrer, pas question de me poser dans la voiture dans l'état où j'étais. J'ai donc tombé les vêtements gluants et puants, me suis rincée comme j'ai pu et suis retournée vers la civilisation en culotte et pull (fort heureusement à cette heure là ils étaient tous à la messe !)
La séance de nettoyage a été aussi pas mal ragoûtante. Nous avons toutefois bien rigolé en regardant les pieds de ces engins, même morts, s'étirer pour gagner quelques centimètres....
(nota : je ne suis pas bien sûr de la façon dont s'écrit le nom breton de cette petite bête, il semblerait qu'il y en ait plusieurs)